"La rue conduit celui qui flâne vers un temps révolu. Pour lui, chaque rue est pente, et mène, sinon vers les Mères, du moins dans un passé qui peut être d’autant plus envoûtant qu’il n’est pas son propre passé, son passé privé. Pourtant, ce passé demeure toujours le temps d’une enfance. Mais pourquoi celui de la vie qu’il a vécue? Ses pas éveillent un écho étonnant dans l’asphalte sur lequel il marche. La lumière du gaz qui tombe sur le carrelage éclaire d’une lumière équivoque ce double sol."
– Walter Benjamin, Le Flâneur in Le Livre des passages
"Amour consiste à sentir que l’on a cédé à l’autre malgré soi ce qui n’était que pour soi."
– Paul Valéry, Choses tues
"Peur du ridicule, — Terreur du banal, — Être montré du doigt ; n’être pas remarqué. — Deux abîmes."
– Paul Valéry, Choses tues

Rosa von Praunheim, Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Situation, in der er lebt, 1971

Rosa von Praunheim, Ce n’est l’homosexuel qui est pervers mais la situation dans laquelle il vit, 1971

"Il ne faut pas dire que le passé éclaire le présent ou le présent éclaire le passé. Une image, au contraire, est ce en quoi l’Autrefois rencontre le Maintenant dans un éclair pour former une constellation. En d’autres termes : l’image est la dialectique à l’arrêt."
– Walter Benjamin, Réflexions théoriques sur la connaissance
"La marque historique des images n’indique pas seulement qu’elles appartiennent à une époque déterminée, elle indique surtout qu’elles ne parviennent à la lisibilité qu’à une époque déterminée."
– Walter benjamin, Réflexions théoriques sur la connaissance